POUR UNE RÉVOLUTION DÉLICIEUSE

J’ai lu Pour une Révolution Délicieuse, le dernier livre d’Olivier Roellinger paru chez Fayard.

Olivier Roellinger livre ici, sous la forme d’un manifeste, 22 pistes pour faire bouger les choses en ce qui concerne l’alimentation. L’expression « révolution délicieuse », empruntée à Alice Waters, permet à l’auteur de s’inscrire dans la continuité de cette pionnière d’une alimentation plus saine et plus durable dans les cantines et les universités.

Pour Olivier Roellinger, l’objectif de ce livre est très clairement posé en prologue : il s’agit d’ « exprimer [s]es constats, [s]es réflexions, [s]es craintes, [s]es espoirs […] ». Si Olivier Roellinger reste le capitaine des Maisons de Bricourt, il prend régulièrement la parole et occupe différentes fonctions qui lui permettent de transmettre ses idées et son engagement : « Je souhaite vous faire partager ma volonté d’agir et souvent de réagir pour que nos enfants puissent déguster la vie, en toute liberté » dit-il.

A partir de constats tous plus alarmants les uns que les autres, il dresse un inventaire des mesures à prendre pour palier les manquements des élus, des industriels, de certains professionnels de la cuisine. En effet il souligne que la « fracture alimentaire ne cesse de se creuser », que « le climat souffre de notre façon de produire notre nourriture », et rappelle fort justement que « la nourriture est à la fois notre première médecine préventive, notre héritage et notre culture ». Il convient également de comprendre la mesure du problème et d’intégrer que « sauver la nourriture au quotidien et pour tous, c’est aussi se battre pour une certaine idée de notre société. »

Après une brève introduction qui pose et contextualise le sujet du livre, se succèdent 22 points prenant la forme d’injonctions presque toutes à la deuxième personne du singulier : de « Tu cuisineras » à « Tu ne gaspilleras point » en passant par « Tu sauveras le lait cru et le vivant », la liste des actions à mener est simple et efficace.

Et en s’adressant de la sorte directement au lecteur, l’ouvrage reconnecte le lecteur à des problématiques qui sont les siennes ou du moins devraient l’être. C’est un moyen de redonner du pouvoir au citoyen, en l’interpellant tout en lui proposant des solutions, des leviers, pour faire bouger les choses à son échelle.

Sur la quatrième de couverture, le positionnement est très clair et invite les lecteurs à prendre les choses en mains face à la démission du pouvoir : « Puisque les hommes politiques ne veulent pas se battre, nous, citoyens, pouvons nous lever pour une révolution délicieuse. »

La remise en perspective historique est  aussi très utile pour comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle. Ainsi Olivier Roellinger revient sur le premier des lobbyings d’État, le sucre, et cette illustration concrète du propos grâce à l’approche historique permet de comprendre plus largement le fonctionnement des lobbys.

De la même manière, revenir sur l’histoire de la graine de poivre neelamundi dans le chapitre intitulé « Tu repartiras à la conquête du goût » permet de comprendre les différents enjeux qui traversent « la conquête du goût » et le rôle des différents acteurs sur le terrain.

Le message à retenir est que le bon et la qualité passent par des conditions de production respectueuses du vivant et par la mise en œuvre d’un cercle vertueux : « Pour qu’un produit soit qualifié « de qualité », l’humain et la nature doivent être les premiers critères ».

Ce livre délivre donc un message très clair, accessible au plus grand nombre, qu’il est urgent de diffuser le plus largement possible.

Pour une Révolution Délicieuse, d’Olivier Roellinger, éditions Fayard, 2019, EAN : 9782213711980

https://www.fayard.fr/documents-temoignages/pour-une-revolution-delicieuse-9782213711980

 

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